TRADUCTION PYRENEA

Traduction juridique et générale de l'espagnol et du catalan vers le français

Plaisir d'écrire - Blog


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Le plaisir d'écrire, petits articles sans prétention - thèmes libres 

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L’apprentissage d’une langue sans intermédiaire

Mars 2015

L’apprentissage d’une langue est un projet très ambitieux. Il s’agit de stocker une quantité d’informations telle que la motivation doit être à la hauteur du défi. Plusieurs manières sont possibles. Il en existe une bien classique que les élèves subissent en général (si cela n’a pas changé) : une classe, un professeur, un CD, et répéter des phrases ou, au mieux, former des débats, etc… Ces techniques peuvent déboucher sur un échec total, des élèves qui, après des années, n’arrivent pas à balbutier une phrase correctement ou, dans d’autres cas, avec intelligence et motivation, les sujets se sont impliqués et parviennent à un certain résultat. Dans tous les cas, la scolarité telle qu’elle est organisée autour des langues doit être clairement reconstruite ou fait ce qu’elle peut avec l’investissement qu’elle a.

Apprendre une langue, c’est un dilemme. Que faire avec cette matière si vivante, on ne peut pas la mettre dans des cases théoriques, l’expliquer et c’est tout. L’apprendre par cœur et voilà… Non, les langues exigent en plus la vie à l’état pur, la communication, un investissement total, elles englobent tout. Et s’oublient tellement vite… On peut dire qu’en plus, les langues sont franchement ingrates. Elles donnent un pouvoir de compréhension et une grande satisfaction mais, après tous ces efforts, elles disparaissent en quelques semaines de notre mémoire, notre accent change, devient inconfortable, on cherche les mots …

Aussi, quelle chance de pouvoir apprendre une langue dans un autre contexte, un contexte particulier, sans intermédiaire. Dans le pays et au gré de la vie. Fini les livres, le matériel audio, le professeur découragé et les classes de 30 élèves qui voient bien que cela ne rime pas à grand-chose. S’il faut s’y mettre pendant 10 ou 15 ans, on prend le temps.

Au début, on se sent comme un enfant qui n'a jamais droit à la parole et, petit à petit, grâce à quelques personnes rencontrées qui font preuve d’une grande patience, on arrive à échanger quelques phrases, à faire la conversation. On apprend des mots tous les jours, c’est comme un jeu. On découvre en même temps la culture, les gens, la géographie, l’histoire, la politique, les problèmes sociaux…

Finalement, c’est une aventure passionnante, mais on ne peut pas reprocher cela à l’école. La langue ne se laisse pas dompter dans une classe où elle ne donnera que quelques miettes d’elle-même. Ensuite il faudra voyager, et surtout prendre son temps.

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Je veux des débats !!

Mai 2015

Je le reconnais, j’adore la politique et je veux des débats ! Pas des conversations entre journalistes ! (même si c’est bien aussi…)

Nous vivons en Espagne une année électorale incroyable, avec de nouveaux partis, de nouveaux acteurs qui ont rendu la scène politique enfin intéressante, trépidante.

L’enjeu est de taille et les résultats peuvent surprendre. Le suspense est garanti pour le jour des élections mais quelle déception, pas de débats !

L’Espagne a encore de vilaines blessures et l’une d’elles est la défaillance démocratique dans les débats. Ou plutôt l’absence de débats, les vrais, ceux qui devraient confronter les candidats les plus importants, tous ensemble, à l’anglaise. Pourquoi pas nous ?

Il existe bien des émissions, avec des représentants ou des candidats même, mais pas de vrais débats avec tous les candidats sans exception, où tout se joue au plus haut niveau, où sont confrontées toutes les idées en même temps, où la vraie bataille se livre, où chacun défend son projet et devant tout le monde. On sent un mépris de la part de certains qui ne se rabaissent surtout pas à ça, comme si cela ne se faisait pas. Ou bien c’est autre chose. Ils ne savent pas, ils savent qu’ils ne sont pas à la hauteur, ils ont peur de la catastrophe médiatique, ils ont trop d’années de gouvernement derrière, ils ne comprennent pas pourquoi tout ne continue pas comme avant…

Mais ça viendra, parce que les nouveaux partis savent que cet anachronisme n’est plus compris et parce qu’ils ont soif de débattre.

On se contente donc de quelques « tertulias » de journalistes qui en ont assez de tous ces bouchons qui empêchent de vivre une vraie vie politique, et de quelques débats qui tentent de communiquer des propositions, même si on voit bien que le niveau de manipulation est terrible et que les médias ne sont pas toujours très intéressés par des débats sérieux. En attendant le jour des résultats, et celui de prochaines élections ... pour adultes cette fois.

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Les français et les espagnols ne se connaissent pas encore 

  Avril 2015

 C’est à l’occasion d’un petit fait anodin pour la France qu’il est apparu clairement, encore une fois, que les espagnols ne connaissent pas les français et vice-versa : lorsque les Guignols se sont moqués en France d’un grand champion sportif espagnol, il y a quelques temps déjà, et que l’incident a remué tout le pays de l’autre côté des Pyrénées. L’offense a été si grande que la vice-présidente du gouvernement a même profité de l’une de ses apparitions officielles pour défendre la « Marque Espagne ». Il a presque été question de demander au Président de la République de s'excuser, mais on est vite redevenu raisonnable puisqu'il s’agissait d’une chaîne privée française.

Il est facile de comprendre la gêne de la personne qui subit ce genre de moquerie, ce n’est pas agréable. Mais en France, cela est passé complètement inaperçu puisque ce programme d’humour a déjà tout fait dans le genre, et que les français ne le prennent pas du tout au sérieux. Ce n’était pas contre nos amis espagnols, ils font ça avec tout le monde ! C’est ce concept qui était très difficile à comprendre, ils font ça avec tout le monde, c’est pas contre nous ? Et les français rient ou s’en fichent ? Ce qui a surpris les quelques médias français qui se sont faits écho de la nouvelle, c’est la réaction selon eux complètement disproportionnée des espagnols… C’est allé jusqu’au gouvernement ? Ils ont pas d’humour ces espagnols, pourtant c’est des fêtards non ?

Bref, on est dans la soupe des malentendus la plus épaisse. Tout ça parce qu’on ne se connaît pas, donc on ne se comprend pas. Il est vrai que l’humour est un élément très culturel, mais l’ampleur de cette petite affaire entre deux pays européens était pour le moins exagérée. Cela pourrait donner lieu à des débats sur l’histoire des pays, les préjugés, la liberté d’expression, les limites de l’humour, une capitale un peu trop isolée, la place du sport dans la société, les différents niveaux d’entente entre les pays (au niveau des institutions, des entreprises, au niveau des peuples, des particuliers), etc. Être voisins n’a jamais été facile.

Pourtant, il existe aujourd’hui des indices qui forcent l’optimisme, les distances entre les pays sont de plus en plus courtes, sur le plan géographique, mais aussi au niveau des moyens de communication, des personnes, des institutions, tout est de plus en plus connecté. Les occasions de se parler ou de collaborer dans tous types de situations, heureuses et malheureuses, sont de plus en plus fréquentes. Le dialogue et l’entente entre les médias de différentes nationalités (notamment la télévision) sont fondamentaux, pour éviter par exemple que soient lancés des messages peu constructifs. Soyons optimistes pour l’Europe de demain, dans 10 ou 15 ans, les espagnols et les français seront sûrement de bons amis, pour de vrai !

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MONTSERRAT

Mars 2015

Montserrat est vraiment une montagne singulière.

Située à 35 kilomètres de Barcelone, elle représente l’une des premières, si ce n’est la première destination offerte aux touristes qui visitent Barcelone et qui souhaitent sortir de la cité comtale pour une journée. De nombreux bus font des allers-retours tous les jours et déposent des personnes venues du monde entier dans un lieu étrange, hors du temps et de l’espace.

Le monastère, accroché à cette montagne comme par miracle, accueille ces bonnes âmes avec son cortège de boutiques à souvenirs qui restent somme toute élégantes. Nous sommes dans un lieu sacré tout de même. Le parking est hors de prix, mais peut-être que nous, qui vivons à côté de cette montagne-dinosaure, avons perdu toute objectivité.

Montserrat est différente selon le lieu d’où on la regarde, comme toutes les montagnes, mais là quand même… Elle a tellement de formes qu’elle nous emporte dans des dizaines de lieux à chaque fois. En réalité, toute la montagne n’est qu’une falaise, ce qui en fait un lieu très prisé par les escaladeurs.

Elle est massive si on la regarde en arrivant de Barcelone, elle apparaît telle une longue chaîne en pointe en partant de Manresa ; en revenant d’Igualada, elle étale des pierres rondes par centaines qui font douter qu’il s’agisse du même endroit… Dans tous les cas, elle est vraiment extraordinaire et laisse le visiteur perplexe… La chapelle Santa Cova rappelle un paysage chinois et lorsque l’on monte les cols en voiture, on se sent transporté au Mexique ou vers quelque endroit bizarre qui laisse une sensation d’appréhension… Et s’il se produisait là, maintenant, un éboulement ? C’est dejà arrivé, mais c’est rare heureusement.

Elle s’amuse à accrocher les gros nuages qui s’aventurent à son sommet et reste parfois avec ce chapeau blanc toute la journée alors qu'autour, le ciel est dégagé. Il n’y a aucun relief avec ses dimensions aux alentours et elle peut être fière d’offrir les jours de beau temps depuis son sommet, d’un côté, une vue sur les Pyrénées catalanes, et de l’autre une vue sur la mer.

Sensation de liberté, d’étrange et de vertige… Montserrat est vraiment singulière et on s’habitue à l’avoir à côté, à la voir tous les jours, à la scruter. Pour ne plus la quitter.

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De la délicatesse de l’identité

Mars 2015

Vivre dans un pays étranger depuis longtemps nous apporte des avantages à chaque fois plus nombreux : une meilleure connaissance de la langue, une meilleure connaissance de la culture et, en définitive, une meilleure connaissance de la mentalité. La mentalité reste ce qu’il faut bien observer lorsque l’on est parvenu à maîtriser la langue, elle nous donnera les clés d’une conversation réussie, d’une approche sûre, de futurs liens d’amitié.

Cependant, le temps n’arrange pas tout ou n’efface pas tout, et il existera toujours cette distance qui empêche l’étranger de prendre parti dans certains cas. En Catalogne, le thème de l’indépendance est bien plus qu’une affaire juridique, de constitution, de référendum légal ou illégal, d’élections plébiscitaires ou d’argent, etc., sur laquelle il est possible d’avoir une opinion. C’est aussi bien sûr une histoire d’identité qui met les résidents qui ne sont ni catalans ni espagnols dans une drôle de situation. « Qu’ils se débrouillent ! » pourrait-on dire, et voilà une très bonne décision.

Sans mémoire collective, sans racines, sans passé dans l’enfance, il est impossible de comprendre totalement l’identité nationale, de rentrer dans cette passion natale vouée à une terre, à l’attachement né des moindres détails d’un style de vie. On n’a pas vécu ce sourire ou ce regard triste d’un être cher qui a passé sa vie avant nous dans ce décor et qui le rend si familier. On l’a vécu dans son propre pays d’origine, ce pays dont on entend désormais parler de temps en temps. Les expatriés ont plusieurs trésors, c’est-à-dire plusieurs pays, mais il arrive un moment où la mémoire ne semble plus suffisante… Ni d’un côté, ni de l’autre !

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